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Pixies (discographie)

 

 

 

 

 

Près de neuf mois d’existence pour le blog, pas une chronique sur les Pixies. Y a comme une couille dans le pâté comme dirait tata Suzette. Ne parvenant plus à trouver le sommeil devant ce constat des plus accablants, je dois donc me sacrifier pour laver l’affront.

 

Et histoire de frapper un grand coup, je ne vais pas me contenter d’une modeste chronique d’album, non ils valent mieux que ça. On va faire les choses bien et revenir sur toute leur discographie. Je dirais même plus sur leur Histoire (avec un grand H, oui monsieur).

 

 

Cobain et Fincher, des gens bien

Pour commencer on va remercier deux personnes sans qui les Pixies seraient peut-être restés un groupe relativement confidentiel : Kurt Cobain et David Fincher. Le premier pour avoir profité de sa célébrité pour mettre la lumière sur des groupes qu’il admirait, Pixies en tête, qu’il a dû citer dans à peu près deux interviews sur trois. Le second pour avoir mis « Where Is My Mind ? » à la fin du générique de Fight Club, geste salvateur qui fit que tous les spectateurs en sortant de la salle du cinoche se posèrent deux questions (attention SPOILER) : « mais alors en fait Brad Pitt et Edward Norton c’est le même mec ? » et « c’était de qui ce morceau génial à la fin ? ».

 

Ce morceau était donc des Pixies et, effectivement si tu t’es posé cette question-là à ce moment-là tu fais incontestablement partie des losers mais tu as dû te rattraper depuis. Si tu ne l’as pas fait, il n’est jamais trop tard.

 

 

« Scream it like you hate the bitch ! »

La « vraie » carrière des Pixies (on y reviendra) est finalement assez brève. Sept ans d’activité, quatre albums studios. Pas besoin de plus pour marquer l’histoire.

 

Une histoire qui commence en 1984, lorsque Charles Thompson IV fait la rencontre du Philippin Joey Santiago à l’université Amherst du Massachussetts. Ils partagent un goût commun pour la musique, le premier est un fondu des Beatles et de Donovan (si, si) tandis que Joey est très branché punk et David Bowie. Les deux potes se mettent à jouer ensemble régulièrement mais sans grande ambition, plutôt pour le délire, en fumant des oinj. Charles ne chante pas encore, il se contente de jouer guitare, piano, basse et batterie (déjà pas mal me direz-vous). Il reçoit alors le conseil d’un ami thaïlandais qui lui dit de chanter comme McCartney dans « Oh ! Darling », c'est-à-dire pour reprendre ces termes assez crus « scream it like you hate the bitch ! » (pas besoin de traduire). Un conseil qu’il n’oubliera pas.

 

Après un séjour universitaire à Porto Rico écourté, Charles revient au pays  bien décidé à se lancer pour de bon dans un vrai groupe qui a de la gueule. Il ne tarde pas à convaincre Joey et se mettent en quête d’une bassiste. En janvier 1986, ils passent une annonce dans le journal local (le Boston Phoenix) qui dit à peu près ceci : « groupe cherche bassiste qui aime Peter, Paul et Mary (des folkeux ndlr) et Hüsker Dü (des punkeux mythiques dont il faudra bien qu’on vous parle un des ces 4 ndlr). » Une seule personne prend la peine de répondre. Une certaine Kim Deal…

 

La bonne dame, mariée depuis peu, se pointe à « l’audition » sans basse puisqu’elle n’en a jamais touché de sa vie mais pleine de bonne volonté et de solides références musicales. C’est déjà ça.

Le courant passe bien, Kim n’a plus qu’à apprendre à jouer et ça va le faire. Le trio commence à répéter dans l’appart’ de Kim et ça prend forme gentiment. Avec une boîte à rythmes au départ, mais le besoin d’avoir un vrai batteur se fait rapidement sentir. Le groupe pense à Kelley Deal, la sœur de Kim mais elle décline. L’heureux élu sera finalement David Lovering, présent à la réception du mariage de Kim Deal, et le quatuor ne bougera plus. Charles Thompson, qui à l’époque a des cheveux et tient sa ligne (pas encore le sosie de Vic Mackey), se trouve un nouveau patronyme, inspiré d’Iggy Pop : Black Francis. Avouez que ça fait plus rocker.

 

Reste à trouver un nom pour le groupe. Et là quoi de plus simple que de choisir un mot au pif dans le dico ? Santiago tombe sur Pixies dont la définition est « petits elfes malicieux ». Ça leur plaît bien. Ils décident initialement de s’appeler « Pixies In Panoply » puis s’arrêtent définitivement à Pixies. La légende est en marche. Y a plus qu’à…

 

 

« Je ne trouverai pas le sommeil tant que vous ne serez pas mondialement célèbres »

Les premières répèt’ du quatuor se déroulent dans le garage du père de David. Les premiers concerts dans des petits bars de Boston sont forcément assez chaotiques. Mais l’un d’eux, en première partie des Throwing Muses (des gens qui jettent leurs albums de Muse par la fenêtre), sera déterminant. Ils tapent alors dans l’œil de Gary Smith, producteur des studios Fort Apache, qui leur confie « je ne trouverai pas le sommeil tant que vous ne serez pas mondialement célèbres ». Phrase idéale pour motiver un groupe qui débute. Parés pour le décollage.

 

En mars 1987, le père de Black Francis avance 1 000 dollars, le groupe s’enferme trois jours en studio, les premiers morceaux sont enregistrés, une maquette est constituée. Aujourd’hui elle est devenue la fameuse Purple Tape. À l’époque, elle n’était qu’une démo de 18 morceaux destinée à arroser tous les labels. Elle ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Ivo Watts-Russel, patron de 4AD et Ken Goes, le promoteur local du label, sont conquis. Ils signent le groupe et sortent en octobre 1987 le mini-album Come On Pilgrim qui reprend huit morceaux de la Purple Tape. Un petit pas pour le groupe, un pas de géant pour le rock. Et pour 4AD qui jusque-là ne s’était fait connaître que grâce aux atmosphères gothiques et post-punk de Bauhaus et des Cocteau Twins.

 

Avec les Pixies, on évolue dans un tout autre univers. Sur Come On Pilgrim, le groupe donne déjà des indications de la suite de sa carrière. Et quelques titres phares aussi. De la planante « Caribou » (des prémices de « Where Is My Mind ? ») aux très punk « Vamos » et « Isla De Encanta » (le séjour à Porto Rico n’aura pas servi à rien pour Black Francis). Un groupe simple qui n’en fait pas des caisses - Santiago n’a rien du guitar hero mais a un son identifiable entre mille -, des mélodies limpides, Franck Black l’écorché vif qui chante avec sa rage et « screams like he hates the bitch ».

 

Sur la géniale « Levitate Me » (dont les paroles « Come on Pilgrim you know he loves you » donneront le nom à l’album), Black chante à tue-tête comme s’il était sous sa douche. Et c’est ça qui est bon.

 

L’osmose est déjà là, le grain de folie aussi. Tout est débridé. Les fauves sont dans l’arène. Huit titres et déjà de grandes promesses.

 

 

Juste des gars ordinaires

Six mois plus tard, le groupe sort son premier album Surfer Rosa avec Steve Albini aux manettes. Les premières secondes de Surfer Rosa sont pour Kim qui nous balance une ligne de basse d’enfer en intro de « Bone Machine ». Et après c’est parti. La tornade Pixies s’empare de nous.

 

Cet album est so cool de bout en bout. Rien à jeter. Un concentré d’énergie et le son Pixies qui prend forme. Chacun est à sa place, les morceaux sont d’une unité invraisemblable. L’évidence même. Tout paraît simple, j’ai presque envie de dire bon enfant. Rares sont les morceaux de plus de deux minutes. À quoi bon ?

 

Les quatre s’éclatent comme des dingues, ça s’entend. La batterie de Lovering est omniprésente, elle donne le ton, insuffle toute l’énergie. L’ensemble respire la spontanéité, on a l’impression que tout a été enregistré en une prise. Et Black au chant peut tout se permettre : hurler comme un demeuré sur « Something Against You » qui arrache tout, partir dans des aigüs improbables que même Johnny Rotten n’aurait pas osé sur « Broken Face ». Son duo avec Kim Deal s’affirme, la complémentarité est parfaite. La folie et la légèreté combinées.

 

Et c’est donc sur cet album que se trouve la fameuse « Where Is My Mind », THE single. Un morceau merveilleux, évidemment, d’une beauté incroyable, mais tellement bien entouré qu’il ne sort même pas du lot. Car juste avant il y a la gigantesque « Gigantic » avec une ligne de basse à se damner, une Kim Deal au chant qui nous emporte, un refrain qui s’enflamme... Il y a aussi « River Euphrates ». À une époque où la mode est aux ambiances éthérées, atmosphériques, où les morceaux sont longs et prennent leur temps pour vraiment démarrer, Pixies expédie là encore en 2’30 un morceau qui semble raconter une histoire, pleine de rebondissements. Un morceau plein de vie.

 

Le monde commence à comprendre. Inutile d’essayer de classer les Pixies. Il y a là des résidus de punk et post-punk ça saute aux oreilles (et Black n’a jamais caché son admiration pour les Ramones et Iggy Pop), de la pop aussi tant l’album regorge de mélodies imparables et du grunge avant l'heure (l'influence du groupe sur le genre est évidente). Les Pixies c’est donc un peu tout ça à la fois, mais pas seulement. Leur son c’est du Pixies. Point barre.

 

Un son unique, qui se démarque de tout ce qui a été fait juste là, à des années lumières des rock stars. « Nous sommes juste des gars ordinaires. Je suis juste Mr. Normal. J'aime le fait qu'aucun de nous ne soit l'archétype du Rock, on est vraiment naïf, donc c'est pur » dira Black Francis. C’est exactement ça.

 

Des gars ordinaires qui auront une influence considérable. On ne compte plus les groupes inspirés par les Pixies. Quand sort Surfer Rosa, le jeune Cobain écoute ça dans sa chambre entre deux Beatles et Black Flag, il intègre. Couplets calmes, refrains explosifs. Nevermind lui doit beaucoup. Et c’est Steve Albini qui produira In Utero pour retrouver un son plus cash, moins policé.

Bowie reprendra sur Heathen le morceau « Cactus » (l’original, la  version Bowie). Il y remplace le "P-I-X-I-E-S" du refrain, inspiré par le "T-R-E-X" du groupe de Marc Bolan, par un "D-A-V-I-D". Billy Corgan, leader des Smashing Pumpkins déclarera que c’est ce disque « qui (lui) a donné envie de (s)’y mettre. » NME élira les Pixies groupe de l’année, Sounds et Melody Maker désigneront Surfer Rosa album de l’année.

 

 

If man is five…

Après un tel coup d’éclat, le fameux second album de la confirmation est attendu de pied ferme par les critiques. Doolittle sort en avril 2009. Mieux qu’une confirmation, Doolittle est un coup de maître. Un bijou.

 

Le succès commercial très modeste de Surfer Rosa pousse 4AD à revoir le budget à la hausse. On passe donc de 1000 à 4000 dollars, ce qui ne représente pas une folie pour un label comme 4AD.

 

Comme Surfer Rosa, l’album s’ouvre par les notes de basse de Kim Deal suivies de près par la guitare des plus accrocheuses de Santiago. Ça s’appelle « Debaser » et ça tue. Sur le refrain, Black hurle « I am un chien andalusia » en référence au film de Buñuel (Un chien andalou), maître du surréalisme. Morceau fabuleux, idéal pour ouvrir un album qui l’est tout autant.

 

Des tubes à foison, une énergie toujours aussi incroyable, pas de doute les Pixies sont de retour et bien décidés à frapper un grand coup. De la surpuissante « Tame » (aah ces cris sur le refrain) à la très garage « Wave Of Mutilation » en passant par les ballades surf music « Here Comes Your Man » et « La La Love You » aussi niaises que géniales, avec colliers à fleur de sortie. Il y a de tout sur cet album. Et tout est renversant.

 

Santiago laisse souvent le soin à l’ensemble basse/batterie d’accompagner les morceaux pour se faire discret et placer ici et là des interventions qui n’en sont que plus redoutables (« I Bleed »). Ce gars-là a un jeu simple et subtil, d’une grande intelligence. Pas du genre à vouloir caler son solo à tout bout de champ, Santiago est une sorte de numéro 10, il distribue des caviars pour faire briller ses partenaires et est constamment au service du collectif. Grand bonhomme.

 

Et attendez je ne vous ai pas parlé de « Monkey Gone To Heaven », de « Hey », de « Gouge Away » ? Des morceaux qui font la légende du groupe, qu’on peut s’écouter 20 fois de suite sans jamais se lasser. Et je défie quiconque de ne pas chanter à tue-tête « If man is five, and the devil is six then Gooood is seven ! » (« Monkey Gone To Heaven »). Ou de ne pas fondre devant la sublime « Hey » (elle me fait le même effet chaque fois que je la réécoute), cette guitare délicieuse, cette basse dorlotante, Black qui chante avec une telle intensité, Kim aux backing vocals… Pfiouuu. Et que dire de « Gouge Away » ? Encore une basse au premier plan qui mène la cadence, une explosion lors du refrain, de longs passages instrumentaux… Grand, grand, grand.

 

Je ne vous parlerai de la lancinante « Silver », de la déjantée « Dead » ou « Crackity Jones » qui parle des homos légèrement démonstratifs qui partageaient leur chambre avec Black à Porto Rico sinon je vais arriver à dix pages. Mais c’est du même acabit.  

 

À l’inverse d’Albini, débordant d’idées audacieuses, le nouveau producteur Gil Norton est très terre à terre et a tendance à freiner la spontanéité du groupe. Ce qui fit l’objet de sacrées prises de têtes.  « Il tentait de nous faire sonner plus commercial, tandis que nous souhaitions rester grungy » raconta après coup Black qui pour convaincre son producteur borné l’emmena dans un magasin de disques pour lui montrer que le best of  de Buddy Holly ne comporte que des titres de moins de deux minutes. Les deux parties ont donc dû faire des concessions. Qu’importe le résultat sur bandes est fantastique.

 

Doolittle c’est donc l’album à tubes, le plus accessible, peut-être le plus abouti aussi. Mais si vous me demandez de classer mes albums de Pixies préférés ça peut changer d’un jour à l’autre selon mes humeurs. NME l’a classé en 2003 deuxième meilleur album de tous les temps (bon leur classement est discutable). Quant au magazine Rolling Stone, il considère rétrospectivement que ce disque a « posé les bases du rock des années 90 ». Doolittle sera disque d’or en 1995.

Pixies confirme qu’il sait tout faire et le fait mieux que quiconque. Le groupe parfait ? Ça y ressemble fort.

 

 

Ça sent le roussi

Le groupe entame alors une tournée européenne de 50 dates intitulée « Sex and Death » suivie de « Fuck or Fight » aux Etats-Unis. Pas à une connerie près, les Pixies surprennent leur monde en jouant tous les morceaux par ordre alphabétique, puis en sens inverse à la date suivante.

 

Mais cette longue tournée n’est pas sans conséquence. Black et Kim se prennent le chou régulièrement. Sur la dernière date, Kim Deal est torchée comme jamais et Santiago se fracture la main en tentant de venir à bout de sa guitare... C’est l’heure du break.

 

Kim Deal en profite pour sortir son premier album des Breeders avec sa sœur Shelley, le formidable Pod, produit par Albini. Le groupe décide de partir à Los Angeles pour enregistrer le nouvel album, Kim Deal rechigne à les suivre dans un premier temps. Black est à deux doigts de la lourder. Bon an mal an, le quatuor tente d’oublier les querelles intestines le temps de l’enregistrement.

 

Il n’empêche, Pixies a changé. Sur le troisième album, Bossanova, Black Francis compose la quasi intégralité des titres, l’influence de Kim Deal est réduite à la portion congrue.

Black s’applique au chant, privilégie la mélodie à la rage. Exit les cris de dément. Mais passé l’effet de surprise, alors qu’on pouvait craindre le pire, l’album est tout sauf un fiasco. Plus orienté surf music, moins rageur, il recèle encore de petits bijoux. Comme les superbes « The Happening » et « Velouria », l’hallucinée « Ana », la trippante « Is She Weird », la folle cavalcade de « Cecilia Ann » (reprise des Surftones) ou les plus énervées « Rock Music » et « Down To The Well ».

 

Non il n’y a rien à faire, même quand le groupe bat de l’aile, la qualité est au rendez-vous. Mais on sent bien que la fin est proche et qu’il vaut mieux en profiter. Kim annonce d’ailleurs lors d’une date au Brixton Academy de Londres que c’est leur « last show ». Les rumeurs de séparation se multiplient mais Pixies va rajouter une dernière couche à sa légende avec Trompe Le Monde, sorti en septembre 91.

 

Un disque en forme de retour aux sources. Sans doute le plus brutal des quatre, Trompe Le Monde n’y va pas par quatre chemins. Finies les ballades enjouées, autant conclure dans un sacré boucan tant qu’à faire. Preuve en est avec le premier single « Planet Of Sound ». Dévastateur. Les morceaux « U-Mass », « Head On » (reprise des Jesus and Mary Chain) et « Sad Punk » jouent clairement dans la même catégorie. Black, plus que jamais leader, revient à ses premiers amours : le punk. Avec brio (avec qui ?).

 

La géniale « Alec Eiffel » semble rompre avec la fameuse formule des Pixies : couplets calmes, refrains qui arrachent tout. Ici c’est l’inverse, les couplets sont joués tambour battant quand le refrain se fait presque féérique.

 

L’enchaînement « Palace Of The Brine » / « Letter To Memphis » / « Big Dream Of The Olympus Moon » est dantesque. Absolument parfait. Les mélodies mémorables. L’album porte très clairement la patte Black Francis. Et sachant que ce serait sûrement le dernier il y a mis ses tripes. Il nous rejoue le taré échappé de l’asile sur « Subbacultcha ». Ça nous avait manqué.

 

La magnifique « Motorway To Roswell », très touchante, n’a pas pris une ride. Sur ce titre, la présence du clavier Eric Drew Feldman (Captain Beefheart, Pere Ubu) apporte une touche non négligeable. J’ai jamais bien compris de quoi il parlait (« last night he could not make it. He tried hard but he could not make it. » Des troubles de l’érection mon petit Black ?*) mais peu importe c’est une belle façon de nous dire au revoir. J’aurais d’ailleurs préféré que ce soit celle-ci la dernière et non « The Navajo Know » qui, même si elle est fort sympathique, ne vaut pas grand chose à côté de la beauté et l’émotion qui se dégage de la précédente.

 

Et voilà. Après cela et une tournée en première partie de U2 (!), les Pixies nous ont laissés orphelins. Plus que nos yeux pour pleurer et nos disques pour se remémorer.

 

 

« Parlons argent maintenant »

En 1993, l’OM est champion d’Europe. Mais les Pixies ne sont plus. Le 13 janvier, Black annonçait à Mark Radcliffe, animateur de Hit The North sur BBC Radio 5, que « en un mot oui » les Pixies c’est fini. Il l’annonce ensuite à Santiago par téléphone. Puis à Lovering et Deal… par fax ! Classe.

 

Groupe explosif, les Pixies ont donc logiquement explosés en plein vol. Ils n’étaient sans doute pas voués à durer trop longtemps et c’est peut-être mieux comme ça. Retrouver une telle alchimie, renouveler en permanence l’exploit, cela paraissait injouable. En se séparant, ils laissèrent ainsi derrière eux une discographie aussi courte qu'indispensable. Sans la moindre fausse note.

 

Black Francis devient ensuite Franck Black et se lance dans une carrière solo, alternant le très bon (le premier éponyme, Teenager of The Year, Dog in the Sand) et le bof bof (Franck Black and the Catholics, The Devil’s Workshop).

Deal poursuit de son côté la belle aventure Breeders avec Last Splash en 1993, son album le plus connu à ce jour, qui contient notamment le gros carton  « Cannonball ». Le troisième album Title TK, sortira neuf ans plus tard.

 

Contre toute attente, en 2004 les Pixies dévoile un nouveau titre « Bam Twok » (pas inoubliable) et se reforme pour entamer de longues tournées lucratives, surfant sur la nostalgie des fans. Black l’assumera sans détour « Nous sommes intéressés par tout ce qui peut nous faire gagner de l’argent. J’ai fait de l’art pendant vingt ans. Arrêtons de parler de ce putain d’art et parlons monnaie maintenant. » Difficile de faire plus explicite.

 

Et puis, il y a quelques semaines, le 14 juin 2013, Kim Deal annonce qu’elle quitte le groupe. Ça aurait pu être un séisme mais là tout le monde s’en tamponne. Forcément, Pixies n’a pas sorti de titre depuis neuf ans, pas d’album depuis 1991. Mais ces salopards, assoiffés de billets verts, nous ont sorti un nouveau titre treize jours plus tard. Pas vilain du tout le titre. Et dans la foulée une nouvelle tournée. Et merde. Alors nous évidemment au début on fait genre on les snobe, on s’en branle bande de sales vendus. Et sans Kim en plus, foutez-vous de nous. Il nous la remplace par une autre Kim pour faire genre et c’est pas Kim Gordon non plus (c’est Kim Shattuck de The Muffs). Pourriture de Frank Black va !

 

Mais le problème c’est qu’on est humains. Et qu’un groupe comme Pixies qui nous a tellement marqués, on lui pardonne certains trucs. Et quand on réécoute les 4 albums et le live at the BBC, on se dit putain quand même qu’est-ce que c’est bon ! Et qu’est-ce que ça pourrait être le pied d’entendre de nouveau ses titres sur scène… À l’Olympia en plus, pas mal…

 

Alors j’ai craqué. Comme un gros lâche, oui. J’ai encore filé des ronds à Frank Black pour qu’il se rachète une belle bagnole et qu’il continue de se goinfrer de tacos. Tout ça pour voir trois Pixies sur 4… Mais si vous saviez comme je suis heureux...

 

JL


*en réalité c’est un morceau sur un voyage d’extraterrestre qui tourne mal. L’ufologie est une thématique récurrente chez Black pour ne pas dire une obsession.

 

 

Les Pixies en 15 morceaux



08/07/2013
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