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Neil Young & Crazy Horse + Patti Smith @ Arènes de Nimes, 17/07/13

 



 

 

Lorsque j’ai eu le billet entre les mains je l’ai relu plusieurs fois comme pour mieux me convaincre que ça allait bien se produire. « Neil Young & The Crazy Horse + Patti Smith aux Arènes de Nîmes. »
Deux légendes du rock dans un lieu magique. La date avait tout pour être mémorable. Elle le fut. Et même au-delà de nos espérances.

 

Pourtant ça n’avait pas très bien commencé. Il y eut d’abord les inquiétudes causées par ce temps capricieux : de sévères averses et un orage annoncé pour la soirée.

Et ensuite une arnaque. Le concert de Patti Smith était annoncé pour 20h15. C’est donc tout naturellement que peu avant 20h on s’est attablé devant les arènes pour se mettre en condition, comprendre s’enfiler quelques verres de la fameuse boisson anisée très prisée dans le Sud de la France.

 

Et à 20h tout pile, qu’est-ce qu’on entend ? Patti qui chante putain ! D’habitude il y a toujours au moins un quart d’heure de retard et là ils nous la font à l’envers. On s’avale le tout cul sec (ça piquotte un peu) et on trace.

 

Une fois rentrés, on admire les lieux et on se rue vers les premiers rangs. Patti est bien là avec son Band. Le son est compact, précis, puissant.

Du haut de ses 66 ans, elle arbore toujours sa longue chevelure, elle n’est plus d’un noir éclatant mais grise désormais. Pour autant, Patti n’a rien perdu de son énergie ni de son charisme. Son engagement est toujours intact, lui aussi. Comme elle le prouve

 avec ce morceau dédié à Edward
 Snowden. « You can count on me » (« tu peux compter sur moi ») lui scande-t-elle avec force conviction. Plus surprenant est son petit speech pro-corrida « un art et un sport, parfois cruel et parfois beau, mais qui fait partie de la culture humaine ».

 

Le tube éternel « Because The Night » intervient très tôt dans la setlist et ne manque pas de nous procurer les premiers frissons. La présence sur scène de Patti Smith est exceptionnelle, sa voix nous transporte. À partir de ce premier coup d’éclat, le concert bascule dans une autre dimension.

 

Désormais, l’émotion nous prend à la gorge à chaque mot prononcé par l’icône et elle ne nous
quittera plus. Une pensée émue pour Amy Winehouse sur « This Is The Girl » avant de succomber aux incantations poétiques des sublimes « Ain’t It Strange » et « Pissing In A River ».

 

Le final sera plus enlevé. Patti Smith fait remonter la tension en scandant « Banga », poing levé, titre éponyme de son dernier opus. La furie ne tarde pas à s’emparer de nous sur « People Have The Power ». Aucun titre du mythique Horses jusque-là. C’est chose faite avec ce final étourdissant sous forme de medley avec

d’abord « Land » qui fait bien monter la sauce avant l’explosion finale de « Gloria ». « Jesus died for somebody’s sins… but not mine… G-L-O-R-I-A », le morceau idéal pour conclure, parfait pour perdre les pédales, sauter partout, se lâcher. Et remercier Patti pour ce grand moment. Si elle s’était arrêtée là, la soirée aurait déjà été merveilleuse…

 

 

Line-up : Patti Smith (chant), Lenny Kaye (guitare), Jack Petruzzelli (guitare), Jay Dee Daugherty (batterie), Tony Shanahan (basse, clavier).

 

Setlist : Dancing Barefoot - April Fool - Privilege (Set Me Free) - "Little Song for Edward Snowden" - ?? - Because The Night - Summertime Blues (Eddie Cochran cover) - This Is The Girl (Song About Amy Winehouse) - Beneath The Southern Cross - Ain't It Strange - Pissing In A River - Medley : Banga / People Have The Power - Medley : Land / Gloria (Them cover)

 

 


 

La nuit n’est pas encore complètement tombée, le premier orage est passé mais ce n’est pas celui que la météo prévoyait. Le second ne va pas tarder. Il devrait faire grand bruit.


Une grande voile est déployée, le symbole du Crazy Horse est là, annonciateur du déluge qui s’annonce. Neil se pointe assez vite, chapeau noir vissé sur le crâne, accompagné de ses acolytes. On en prend plein la vue dès les premières notes avec la superbe intro à la gratte de « Love And Only Love », morceau tiré du fantastique Ragged Glory, peut-être mon préféré du Neil. Un des plus électriques en tout cas. Ce sera le mot d’ordre de la soirée.

 

L’épique « Walk Like A Giant », bijou du dernier album, nous fait dresser les poils bien comme il faut. 20 minutes de pur plaisir, toutes guitares dehors. Et déjà une certitude, Neil et ses cavaliers prennent un pied d’enfer. Tournés les uns vers les autres, ils se livrent à des jams de folie comme
s’ils cherchaient à se surpasser mutuellement. Il y a des papys qui restent au coin de la cheminée, pantoufles au pied et font des mots croisés en caressant Médor. Papy Neil voit les choses autrement. Il prend sa gratte, amène ses potes et se livre à des bœufs de folie devant un public médusé. Le début est trompeur, ça sifflotte à la cool, puis ça fait péter le vibrato et on en prend plein les dents. Le morceau dure une éternité, semble parcouru de 12 solos, mais on ne voit pas le temps passer. On a l’impression d’être déjà au rappel !

 

4 morceaux, 35 minutes de concert au bas mot. Ça va pour vous ? Nous on est bien. Neil ne perd pas de temps à nous raconter sa vie, à nous faire croire qu’on est le meilleur public qu’il a jamais vu, il a mieux à faire.

 

Un mini set acoustique viendra calmer le jeu. L’occasion pour le Crazy Horse d’aller souffler un coup, pour le public – dont la moyenne d’âge est d’environ 35 ans – de se remettre de ses premières sueurs froides, et de nous rappeler si besoin que le Loner était en premier lieu un (des plus grands) chanteur folk (After The Gold Rush, Harvest, ça vous cause ?).

 


Le classique « Heart Of Gold » est accueilli chaudement et magnifiquement interprété. Tout comme la reprise de Dylan, « Blowin’ In The Wind », très touchante, avec harmonica de sortie. Belle surprise également que l’inédit « Singer Without A song ».

 

Après ce break fort plaisant, il est temps de rebrancher la gratte et de rameuter les copains. Débute alors l’incroyable « Ramada Inn », merveilleuse chevauchée de près de 20 minutes. Ou comment balancer une intro d’anthologie en plaquant trois accords, comment faire tenir des notes une éternité avec une grâce inégalable, comment mêler mélodies inoubliables et déflagrations sonores ? Beaucoup cherchent encore la réponse mais quand on s’appelle Neil Young ça paraît simple.   

 

Dans un autre registre, beaucoup plus condensé, « Sedan Delivery », remplit le contrat et nous fait remuer la tête. « Cinnamon Girl », chanson d’amour à la base, est ici chargée en électricité, évidemment. 

 

Le coup de grâce viendra avant le rappel. On ne s’y attendait pas et on se l’ait mangé de plein
fouet. Quand Neil a balancé le riff d’intro de « Rockin’ In The Free World », ce fut une véritable explosion de joie, un plaisir indescriptible. Un plaisir sans cesse prolongé pour notre plus grand bonheur puisque le morceau a été relancé deux ou trois fois alors qu’on croyait que c’en était fini de l’extase.

 

Neil Young prendra ensuite la parole pour la première fois, je ne sais plus exactement ce qu’il a dit vu que j’étais dans une sorte d’état second et n’arrêtais pas de beugler « KEEP ON ROCKIN’ IN THE FREE WOOOORLD »... mais je me rappelle au moins qu’il a promis de revenir un jour. On sera là Neil c’est promis.

 


Après le rappel, le groupe revient pour deux derniers morceaux : « Roll Another Number » et « Everybody Knows This Is Nowhere ». Deux beaux morceaux pour conclure mais qui ne provoqueront évidemment pas la même excitation que la précédente, véritable hymne du rock, totalement jouissif. D’ailleurs à ce moment ils auraient pu jouer une reprise de Patrick Sébastien et « la chenille », j’aurais pris quand même.

 

Près de 4h de concert au total, 2h15 pour le seul Neil Young. Quand on fera le bilan musical de l’année 2013, on aura une pensée forte pour ce 17 juillet. Et il est très probable qu’on s’en remémore encore dans plusieurs années comme un des plus grands souvenirs vécus en concert.

 

 

Line–up : Neil Young (guitare, chant), Frank Sampedro (guitare), Ralph Molina (batterie), Billy Talbot (basse).

 

Setlist : Love And Only Love - Powderfinger - Psychedelic Pill - Walk Like A Giant - Hole In The Sky - Red Sun - Heart Of Gold - Blowin' In The Wind (Bob Dylan cover) - Comes A Time - Singer Without A Song (inédite) - Ramada Inn - Sedan Delivery - Surfer Joe And Moe The Sleaze - Cinnamon Girl - Rockin' In The Free World.

Rappel : Roll Another Number - Everybody Knows This Is Nowhere.

 

JL



22/07/2013
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